La priorité de M. Draghi

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La priorité de M. Draghi

Von Christian Campiche, La Méduse - 14.12.2016

La Banque centrale européenne, la BCE, laisse son taux inchangé.

Elle ne brûlera pas la politesse à la Réserve fédérale américaine dont tous les analyses ou presque s’accordent à dire qu’elle fera cette fois le grand pas. Le 16 décembre sa présidente Janet Yellen devrait annoncer une hausse des taux d’intérêt.

Mario Draghi, son homologue européen, s’est limité à reconduire un programme d’assouplissement quantitatif, terme amphigourique qui ne recouvre rien d’autre qu’un rachat de dettes tels que des bons du trésor. En d’autres termes, la BCE ouvre son tiroir-caisse pour tirer de l’embarras les grands argentiers des membres nécessiteux de l’Union européenne. On ne parle plus de la Grèce, allez savoir pourquoi. Par contre la vedette est l’Italie, domino incontinent, maillon imprévisible d’une zone euro sujette au saut à l’élastique au-dessus du cratère fumant du Stromboli.

Le président de la BCE a toutefois resserré les cordons de la bourse, invoquant une meilleure conjoncture et l’éloignement de la tendance déflationniste. Il a surtout nié tout coup de pouce à un institut au bord du dépôt de bilan, la banque siennoise Monte dei Paschi. Cet établissement était suivi de près par l’ancien chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, qui en avait fait l’un des grands enjeux du référendum constitutionnel. Le non populaire a compromis les chances de parvenir à un sauvetage rapide de la troisième banque d’Italie.

Ex-maire de Florence, Renzi n’appartient pas à la même génération que le Romain Draghi. Les deux hommes se regardent en chiens de faïence. Mais une communauté de destin les rattache à Monte dei Paschi, un établissement aussi opaque que l’entrelacs des milliards d’euros qui seront injectés dans cette énième tentative de repêcher les canards boiteux de la finance européenne.

Sanctuaire financier de la gauche centriste italienne, Monte dei Paschi entraînera-t-elle dans sa chute les colonnes de Pompéi? On voit mal l’establishment politique et financier européen la lâcher. Voilà pourquoi M. Draghi est peu convaincant quand il affirme ne pas lier l’assouplissement quantitatif à son sauvetage. D’autant que cet ancien cadre de Goldman Sachs gouvernait la banque d’Italie à l’époque des subprimes. Un crise à l’origine des déboires judiciaires qui marquèrent le début des ennuis pour Monte dei Paschi.

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